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La mémoire d'Ambroise de Milan

Usages politiques et sociaux d'une autorité patristique en Italie (Ve-XVIIIe siècle)


Histoire ancienne et médiévale



Le rapport qu'entretient la culture médiévale avec les Pères de l’Église n’est en rien réductible à la vénération d’une autorité ancienne ; il est tout entier dans la mise au présent d’un passé continué. C’est à étudier les modalités textuelles, liturgiques et monumentales de cette présence médiévale de la mémoire patristique, envisagée dans sa dimension sociale et politique, que cet ouvrage collectif, issu d’un programme de recherche international et transdisciplinaire, est consacré. Il porte sur la mémoire italienne d’Ambroise (340-397), évêque et saint patron de la ville de Milan, reconnu comme l’un des quatre docteurs latins de l’Église. Dès lors, le souvenir ambrosien est tiraillé entre deux pôles antagonistes : le premier est la vocation universelle du Père de l’Église, le second est son ancrage local qui fonde et justifie l’invention des traditions milanaises et la spécificité de sa liturgie, de son Église, mais aussi de son système de valeurs politiques. Cette enquête sur la disponibilité sociale d’un souvenir et sur ses usages politiques ne se contente pas de faire la chronique, en longue durée, de la manipulation de la mémoire. Elle tente également d’identifier les ancres du souvenir, l’empêchant de dériver trop loin de l’Ambroise « historique » : des textes, des images, des rituels, des monuments. De là la dimension résolument pluridisciplinaire de l’entreprise collective, réunissant historiens, historiens de l’art, archéologues, philologues, mais aussi philosophes, musicologues, théologiens et liturgistes.